Concert Morice Benin a Pitanga
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by Thierry   
Friday, 08 March 2013
Morice Benin (Photographer: Thierry)Tendre et chaleureuse soiree "chansons Francaise" avec le pertinent poete Morice Benin a Auroville ce Mardi 5 Mars a Pitanga .Il écrit ses premières chansons à l'âge de quatorze ans, mais le choc «originel» remonte à Jacques Brel, découvert au Théâtre municipal de Casablanca en 1962, et qui incarnera sa ferveur à pousser la voix lui aussi, à considérer la chanson comme un art majeur. Vinrent ensuite tous ses autres «pères spirituels»:

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Georges Brassens, Félix Leclerc, Claude Nougaro, Gilbert Bécaud, et surtout Léo Ferré, lequel accompagnera plus tard toute une partie de sa génération. En été 1965, il débarque à Marseille, en vacances, et n'utilisera jamais son billet retour... Il «monte» tenter sa chance à Paris, sans un sous en poche, mais avec beaucoup d'illusions: petits boulots pour survivre et grand blues dans la capitale. Afin de «frotter» ses premières chansons à quelques oreilles averties, Morice écume les cabarets rive gauche de l'époque : Chez Georges, L'Écluse, La Contrescarpe, Le Port Salut, où il croise Les Enfants Terribles, Jean Vasca, et quelques autres. Il croise alors la route du parolier-éditeur Jacques Demarny, en 1966. Celui, séduit par la fougue et l'authenticité du personnage, l'introduit chez Barclay, chez qui il enregistre son premier 45 tours, Rage de Dents, en 1967. Jacques Demarny restera jusqu'à aujourd'hui l'ami de cœur, le «parrain» de la profession. En 1968, Maurice (il ne s'appelait pas encore Morice...) commence à se sentir trop étriqué dans le rôle de «postulant idole». Ses idées reçues sur le monde du spectacle et sur la société en général se laminent sous le coup de cette grande prise de conscience. Une vague se profile à l'horizon, qui augure les années 1970, riches en remises en cause, en révoltes radicales..., parfois naïves, quelquefois sommaires, souvent salutaires. Il flirte avec l'écologie (mouvement très embryonnaire à l'époque), dénonce son contrat chez Barclay, et prend acte en fuyant Paris en particulier, et le show-biz en général... Au début des années 1970, la conviction impatiente d'une force irrésistible tourne à l'évidence: Puisqu'il fallait tout rebâtir, tout reprouver... il retournera à la source et ira chanter là où c'est encore possible, là où on ne l'attend pas, c'est-à-dire partout ! Cette détermination joyeuse épouse parfaitement la réalité socioculturelle de l'époque : Les MJC, foyers de jeunes travailleurs, foyers ruraux, mille-clubs, et même certains "villages-vacances" qui, regorgeant d'animateurs "passerelles", permettaient d'écouter ses chansons existentielles et poético-libertaires. Il y avait un public pour ça. Grossissant. Tout un "réseau", pas même souterrain, puisqu'il s'établissait dans chaque quartier, chaque village... et jusque dans des "caves" parisiennes, assez vastes pour contenir des dizaines de spectateurs, tous prévenus par le miraculeux bouche à oreille... La chanson portait témoignage d'une époque plutôt rebelle, où il était plus simple qu'aujourd'hui de déceler "l'ennemi" commun derrière son rideau de fard, ses strates argentées et sa suffisance. En 1973, il chante devant des milliers de pacifistes sur le plateau du Larzac pour protester contre l'établissement d'un camp militaire, et devient un des chantres de la génération contestataire, avec Lavilliers ou Le Forestier.Vient, alors, un rythme de 150 concerts par an, en France, au Québec, en Allemagne, en Belgique, en Suisse. Son disque phare restera Je vis,sans aucun doute suite à l'impact de "Larzac 74", avec 100 000 exemplaires vendus sans aucune médiatisation. Un record pour un disque auto-distribué,quasiment vendu sous le manteau. Sa poésie incisive mariée à des compositions aux arrangements soignés (violoncelle, cuivres ...),font de sa discographie 70's,l'une des plus originales de l'époque, à l'image de "Tu vois c'que j'veux dire",où Gérard Prévost,du groupe Triangle, participe. Années 1980 : Une forte pincée d'exigence et de rigueur dans l'écriture, l'environnement musical et le rapport aux autres seront sa ligne de conduite plutôt que l'étiquette de "professionnalisme", et il assumera sa spécificité. En 1982, il fait tour à tour l'Olympia et le Printemps de Bourges, et sort son septième disque : Apocalypse. Premières grandes émissions avec Jean-Louis Foulquier, José Artur et Claude Villers. En 1983, il rencontre le pianiste-arrangeur Michel Goubin, qui deviendra pour sept ans plus qu'un accompagnateur : comme son alter-ego musical. Osmose quasi-parfaite entre le chant, les mots de Morice et les claviers et la voix de Michel. D'autres musiciens rejoignent le duo : le bassiste Serge Salibur, et la violoncelliste Dominique Brunier, disque Sémaphore. Morice chante trois semaines à la Comédie de Paris. Début 84, nouveau disque : Aimer sans issue, salué "coup de cœur" par les disquaires, puis enregistrements public au festival SIGMA de Bordeaux. Tournées au Québec, en Allemagne et au Maroc. En 1985, il obtient le Prix de l'Académie Charles-Cros pour son disque sur la poésie de René Guy Cadou : Chants de Solitude. En 1986 : Livre Le Chant du Fleuve et nouveau disque Escale. 1987 : Il s'installe à Grenoble, et y crée la comédie musicale Dessine-moi un enfant. En janvier 88 : pour trois concerts au TLP Dejazet à Paris, il est remarqué par Nicole Londeix du Sentier des Halles, qui lui propose de passer huit semaines en mai-juin dans son théâtre. Nouveau disque : Respirer. 1989 : nouvel Olympia. Tournées au Maroc, en Suisse, en Belgique. Morice crée une collection de cassettes thématiques : Pour Prendre le Large (21 prévues au Total)...sur les sujets essentiels de la vie et met en musique des auteurs connus et inconnus (K. Gibran, R.M. Rilke, J. Delteil etc.) Rencontre d'un nouveau musicien, avec lequel il joue depuis vingt ans : Dominique Dumont. En 1990, il monte un deuxième spectacle pour les enfants : Couleurs, issu d'ateliers qu'il anime dans les écoles. Expériences riches et ressourçantes qu'il va développer trois années consécutives. Sa complicité devient plus étroite avec l'écrivain Luc-Marie Dauchez et le guitariste Dominique Dumont. Début des stages d'été, stages d'écriture en Ardèche, avec Dominique Dumont. Prix de la SACEM. Parution de deuxième disque sur les poèmes de René Guy Cadou: La Cinquième saison. En 1991 : Essentiels, nouveau disque. Concerts au TLP Dejazet et au Sentier des halles. 1992 et 1993 : Morice continue les spectacles bien sûr, mais se consacre de plus en plus à son travail avec les enfants et collabore avec des ethnologues et des "animateurs de terrain" dans des sites "sensibles". Tout cela donne des enregistrements et des spectacles étonnants, conçus avec des enfants : Je fais tout ça pour toi ; La vallée grande de l'intérieur ; La mémoire du lac ; Moi, je rêve ; Aujourd'hui le soleil. En 1994, après une résidence à Boissy-Saint-Léger (94), il crée avec des enfants de maternelle un très beau spectacle sur les quatre éléments : Ici Terre, avec le soutien du Conseil général du Val-de-Marne et de la collaboration d'Alain Mollot, metteur en scène. Exilé du show-business depuis plus de 40 ans, il se passe de promotion et remplit pourtant les salles grâce à ses seules chansons, petits bijoux exaltant les sentiments et les engagements. 1995 : Il participe à plusieurs grands festivals et collabore avec le pianiste-compositeur Eric Dartel du CNSM de Lyon. Festival d'Avignon et tournées en Grèce et en Slovaquie avec l'amie et guitariste Dominique Dumont. 1996 : parution de son quatorzième enregistrement : Funambule Amoureux et de sa troisième compilation : Je chante pour demain. Avec Dominique et Jeff Siccard, Morice joue à l'Européen à Paris pour renouer avec la capitale, puis au Petit Champlain à Québec, avec Dominique, où se confirme les atomes crochues avec ses "cousins" d'Amérique... C'est aussi le début d'une collaboration avec l'écrivain-poète et psycho-sociologue Jacques Salomé, dont il met en musique certains de ses poèmes, et qui l'invite à chanter dans nombre de ses séminaires. De 1996 à 1998, il y aura ainsi plusieurs spectacles suite aux séminaires organisés pour Jacques Salomé. Cela aboutira à un CD : La vie à tous (1997), enregistré en ardèche, avec Dominique Dumont comme directeur artistique et Dominique Brunier au violoncelle. Création avec le chanteur kabyle Djamel Allam à Beaucourt (90). Instant de magie et fête. Le Centre d'éveil artistique d'Avignon le missionne, avec trois autres artistes de disciples différentes sur un travail autour de la mémoire, de l'idée de naissance et d'enfantement... sujet qui le passionne tout particulièrement. Il monte avec le guitariste, complice et ami Dominique Dumont, avec la violoncelliste Dominique Brunier, le pianiste Norbert Paul, un nouveau spectacle : Vie-Vent, pour la salle Claude-Nougaro, l’aérospatiale de Toulouse, livrant toutes ses chansons du crû 97. Depuis 1990, Morice continue d'animer des stages d'écriture et de mise en chansons de textes écrit pendant le stage, surtout l'été, avec Dominique, expérience de fécondité d'écriture, de chant, d'alliage musical... et qui, à chaque stage, se termine par une petite "création mondiale" de chaque chanson, par les stagiaires, à la fin de la semaine. La plupart de ces stages ont eu et ont lieu en ardèche (07). Parution du livre Demain la source, illustré merveilleusement par l'ami peintre et graphiste, Claude Larosa qui crée aussi les jaquettes, le visuel, les affiches de Morice... En 2003, il se lance dans la création d'un spectacle La Mémoire et la Mer pour, dit-il, "restituer un peu de l'émotion et de la force que cet albatros de chanteur nous a léguées pour longtemps..." En plus du spectacle sorti en CD. Espérantophile, il a adapté en espéranto son album Vie vent : In-spir. Aujourd'hui, Morice continue de chanter, avec Dominique et quelquefois avec d'autres musiciens, comme Patrick Leroux, qui a créé les arrangements du CD : La Mémoire et la Mer consacré à Ferré, devenu un spectacle tourné plusieurs fois par an. Jean-Luc Michel est aussi présent par son jeu au piano et au clavier, et avec son studio où ont lieu les enregistrements, à Lyon . S'ensuit une certaine prolifération "d'œuvres" : Avec des enfants, des ados... jusqu'à cette "collection pour prendre le large", des nouveaux CD, (cf liste ci-dessous), quelques écarts vers d'autres auteurs : René Guy Cadou, Jacques Salomé... Un détour vers "l'Esperanto"... jusqu'à ce CD et ce spectacle bâtis autour des chansons de Léo Ferré. Autre spectacle pour enfants : Couleur. Avec Dominique Dumont, Morice chante souvent, un peu partout en France et à l'étranger, dans des grandes et petites salles, et aussi "chez l'habitant"... On pousse les meubles, quelques tissus et un peu de lumière, et la magie du spectacle s'installe aussi dans une maison, ouverte par quelques personnes en affinité avec les chansons de Morice. Depuis 1997 existe aussi une association, Chansigne, qui édite un bulletin trimestriel. Morice Benin (Photographer: Thierry)